Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2014-01-13T09:15:06+01:00

Publication et extrait

Publié par Anna Lyra
Publication et extrait

Bonjour,

Me revoilà après une longue absence... La mise en ligne sur Kindle n'était pas évidente, j'ai dû y réfléchir encore un peu, concevoir une couverture numérique, puis me faire aider pour suivre la procédure de publication en ligne qui demeurait assez obscure pour moi.

Mais enfin, ça y est !

Depuis hier soir, mon roman est disponible en téléchargement sur Kindle, ICI.

Cette dernière étape franchie, je me sens enfin soulagée avec l'impression d'être allée au bout de mon projet. J'y ai mis beaucoup de temps, surtout vers la fin... et je me rends compte que l'écriture en elle-même n'était que la partie la plus agréable de mon entreprise. Mais cela me conforte à présent dans l'écriture de mon deuxième roman, que j'avance petit à petit - mais je vous en reparlerai dans un autre article !

Et pour vous remercier de m'avoir suivie dans cette aventure, ainsi que pour vous donner une idée du roman, voici le prologue de L'amour pour héritage :

Arboucave, Landes, été 1890.

Sa valise à la main, Suzanne marchait d'un pas rapide dans l'allée envahie par les mauvaises herbes. Le chemin avait été long, à pieds, depuis le village... Surtout dans cette chaleur aoûtienne. Mais selon l'aubergiste, le manoir Arboucave recherchait d'urgence de nouvelles femmes de chambre.

Après son renvoi de sa place de chambrière en ville, un mois plus tôt, Suzanne s'était retrouvée à la rue et avait dû louer une chambre à l'auberge avec ses modestes économies. Sitôt informée de la nouvelle, elle avait donc sauté sur l'occasion de retrouver un poste avant l'hiver, bouclé sa valise et pris le chemin d'Arboucave. Elle paraissait peut-être jeune et inexpérimentée, du haut de ses vingt-cinq ans, mais les chaos de la vie l'avaient pourtant rudement touchée. Orpheline à la suite d'un méchant incendie, elle travaillait depuis ses quatorze ans : femme de ménage, aide-cuisinière, femme de chambre... Elle s'était toujours débrouillée pour trouver du travail honnête. Et jusqu'au mois dernier, elle s'était toujours débrouillée pour le garder le plus longtemps possible.

Chassant de mauvais souvenirs de son esprit, elle leva le menton et considéra le manoir qui se découpait au fond de l'allée. Massif, en pierres grises. D'étroites fenêtres perçaient la façade, surmontée d'un toit sombre très pentu. Le bâtiment était doté d'une petite tourelle qui aurait pu être charmante, mais était visiblement à l'abandon. Elle s'interrogea un instant sur quels maîtres négligents elle allait trouver... Puis raisonna logiquement : si l'intérieur du logis était en aussi mauvais état que l'extérieur, le travail ne manquait pas et on l'embaucherait certainement. Inutile de critiquer la mauvaise tenue du domaine, car cela serait sans doute sa chance.

Comment aurait-elle pu imaginer l'étrange scène qui l'attendait ?

Parvenue devant l'imposante porte de chêne, elle frappa du heurtoir. Un maître d'hôtel rachitique aux yeux cernés ne tarda pas à lui ouvrir, mais il lui fallu plusieurs minutes pour comprendre les motivations de la jeune fille. Comme s'il était étourdi par une mauvaise nouvelle.

- Ah oui... Asseyez-vous dans l'entrée, je vais appeler la gouvernante.

Et il disparut aussitôt.

Suzanne pénétra dans le manoir, découvrit une vaste entrée percée de portes et donnant sur le bas d'un escalier. Tout était vieux, poussiéreux. Avisant une chaise adossée au mur entre deux portes, elle y prit place et attendit, sa valise posée à ses pieds.

De longues minutes s'écoulèrent. Le maître d'hôtel s'était-il perdu ?

Soudain, des éclats de voix explosèrent à l'étage. Un homme jaillit sur la mezzanine et descendit l'escalier quatre à quatre puis il s'arrêta net en voyant Suzanne, assise sur sa chaise, qui le dévisageait en ouvrant de grands yeux. Un autre homme plus âgé et plus petit le suivait de près, tentant visiblement de le raisonner, mais il l'interrompit en clamant :

- Ma femme ? Eh bien, la voilà !

Pétrifiée de surprise, la jeune fille ne put articuler un mot et l'homme s'approcha d'elle en quelques enjambées.

- Jouez le jeu, lui murmura-t-il avec empressement, je vous en prie.

Il était grand et large d'épaules. Brun, la trentaine. Des cheveux souples encadraient joliment son visage. Il avait des traits réguliers mais trop virils pour être qualifiés de « beaux » : son nez était droit mais fort, sa mâchoire carrée et son menton volontaire. Elle remarqua un brassard noir autour de la manche de sa redingote. Il ajouta à l'adresse de l'autre homme, qui saluait poliment Suzanne :

- Est-ce suffisant, Maître ?

- Si je puis me permettre... Pourquoi cette valise, Madame ?

- Madame s'installe à peine dans sa nouvelle demeure, coupa l'homme au brassard noir. Nous ne sommes mariés que depuis très peu de temps... Un mariage d'amour, voyez-vous.

- Oh, je vois. Parfait, parfait : permettez-moi donc de vous adresser toutes mes félicitations ! Dans ce cas, si vous êtes mariés, vous n'avez aucune raison de vous emporter Monsieur le Vicomte. Les volontés de Feu votre père étaient claires. Je vais commencer à produire les documents nécessaires, vous n'aurez qu'à venir à mon cabinet dans la semaine pour les signer. Euh... Avec votre épouse, naturellement.

- Naturellement. Et ensuite ? Ce sera tout ?

- Oui, ce sera tout. Une petite signature de vous deux, et l'affaire sera close.

- C'est entendu. Maintenant, Maître, si vous voulez bien m'excuser, je dois retourner à mes occupations.

Et il le conduisit fermement à la porte.

Outrée, Suzanne trouva enfin la force de protester mais l'homme la fit taire d'un geste.

- Qui êtes-vous ?

- Je m'appelle Suzanne, je venais pour le poste de chambrière, Monsieur.

- Ah oui. Eh bien vous êtes engagée. Avec condition de m'accompagner cette semaine chez le notaire que vous avez vu, afin de signer certains documents. Affaire conclue ?

- De signer... Une fausse signature, voulez-vous dire ?

- Et alors ? fit le vicomte d'une voix dure. Êtes-vous donc un modèle de vertu ? Préférez-vous repartir d'où vous venez ?

Suzanne baissa piteusement la tête. Cet homme l'impressionnait. Sa haute taille, sa prestance, son ton autoritaire n'étaient rien en comparaison de ses yeux gris, terriblement pénétrants. Lorsqu'il la fixait, elle avait l'impression qu'il lisait au fond de son âme... Elle se serait volontiers changée en petite souris pour échapper à ce regard inquisiteur. Cependant, une autre sensation plus diffuse qu'elle se refusait à identifier apportait un peu de rose à ses joues.

- Alors c'est entendu, trancha-t-il. Je...

Le heurtoir résonna. Le notaire entrouvrit la porte.

- J'allais oublier : vous me communiquerez également votre acte de mariage, bien évidemment.

- Bien évidemment.

La porte se referma. Le vicomte avait pâli, mais arborait un visage impassible.

Le maître d'hôtel choisit cet instant pour revenir, accompagné de la gouvernante, une forte femme à l'allure martiale. Le vicomte leur jeta un regard sombre, puis remonta l'escalier en jetant par-dessus son épaule :

- Conduisez Mademoiselle dans mon bureau, et attendez-moi.

J'espère que ce court extrait vous a plu ! N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me donner vos impressions, cela m'aidera beaucoup de connaître vos avis.

Voir les commentaires

commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog